L’homme à la guirlande de doigts

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Savoir transformer l’énergie destructrice en énergie créatrice…

AngulimalaGautama le Bouddha a initié un meurtrier à sannyas et ce n’était pas un meurtrier ordinaire. Rudolf Hess n’est rien en comparaison. Son nom était Angulimal et Angulimal veut dire: l’homme qui porte une guirlande de doigts humains.

Il avait fait le vœu de tuer mille personnes et de prendre de chacune un doigt afin de pouvoir se souvenir du nombre de personnes qu’il avait tué et se faire une guirlande de tous ces doigts. Sa guirlande comptait neuf cent quatre-vingt-dix-neuf doigts, il n’en manquait qu’un. Et ce doigt manquait parce que sa route a été barrée; personne ne passait plus sur ce chemin. Mais Gautama le Bouddha emprunta cette route. Le roi avait mis des gardes pour empêcher les gens de passer, en particulier les étrangers qui ignoraient qu’un homme dangereux vivait par delà les collines. Les gardes dirent à Gautama le Bouddha: « On ne doit pas emprunter cette route, c’est l’endroit où vit Angulimal et même le roi n’a pas assez de cran pour prendre cette route. Cet homme est tout simplement fou.

Sa mère avait l’habitude d’aller le voir, elle était la seule personne à le faire de temps à autre; mais elle aussi a arrêté. La dernière fois qu’elle y alla il lui dit: « Il ne me manque qu’un seul doigt maintenant et c’est bien parce que tu es ma mère… je t’avertis que si tu viens une fois encore tu ne repartiras pas. Il me manque désespérément un doigt. Jusqu’à présent je ne t’ai pas tuée car il y avait d’autres gens disponibles, mais maintenant plus personne ne passe plus sur cette route que toi. Je t’avertis donc que si tu reviens, ce sera ta responsabilité, non la mienne ». A partir de ce moment sa mère ne vint plus.

Les gardes dirent à Bouddha: « Ne prenez pas inutilement ce risque ». Et savez-vous ce que Bouddha leur répondit ? Bouddha leur dit: « Si je n’y vais pas, alors qui ira ? Il y a seulement deux possibilités; ou bien je le transformerai et je ne peux pas manquer ce défi, ou je lui fournirai un doigt pour que son désir soit accompli. De toute manière je mourrai un jour et donner ma tête à Angulimal aura au moins servi à quelque chose sinon je mourrai et vous me mettrez sur le bûcher funéraire. Je pense qu’il est préférable de satisfaire le désir de quelqu’un et de lui apporter la paix intérieure. Ou il me tuera ou je le tuerai, mais cette rencontre doit avoir lieu. Montez-moi le chemin ».

Les gens qui avaient l’habitude de suivre Gautama le Bouddha, ses proches compagnons, ceux qui étaient toujours en compétition pour être près de lui, commencèrent à ralentir et il y eut bientôt des kilomètres entre Bouddha et ses disciples. Ils voulaient tous voir ce qui allait se passer mais ne voulaient pas trop s’approcher.

Angulimal, assis sur son rocher, observait et ne pouvait en croire ses yeux. Un très bel homme d’un immense charisme venait vers lui. Qui pouvait être cet homme ? Il n’avait jamais entendu parler de Gautama le Bouddha mais même le cœur endurci d’Angulimal commença à ressentir une certaine douceur envers cet homme. Il semblait si beau, venant vers lui. C’était le petit matin… une brise fraîche, le soleil montait, les oiseaux chantaient, les fleurs s’épanouissaient et Bouddha s’approchait.

Finalement, Angulimal, son épée nue à la main, cria: « Arrête-toi ! » Gautama le Bouddha était juste à quelques pas et Angulimal lui dit: « Ne fais pas un pas de plus car alors la responsabilité ne sera plus la mienne; peut-être ne sais-tu pas qui je suis ! »

Bouddha lui dit: « Sais-tu qui tu es ? »

« Là n’est pas la question » dit Angulimal « ce n’est ni le lieu ni le moment de discuter de telles choses, ta vie est en danger ! »

« Je pense différemment » dit Bouddha « c’est ta vie qui est en danger ».

L’homme lui dit: « Je pensais que j’étais fou mais toi tu es complètement fou et tu continues à t’approcher; ne dit pas alors que j’ai tué un innocent. Tu sembles si pur et si beau que je veux que tu t’en retournes, je trouverai quelqu’un d’autre. Je peux attendre, rien ne presse. Je suis arrivé à neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, il ne s’agit que d’un de plus, mais ne m’obliges pas à te tuer ».

Bouddha s’approcha très près, les mains d’Angulimal tremblaient. L’homme était si beau, si innocent, si sincère, il en était déjà tombé amoureux. Il avait tué tant de gens… il n’avait jamais ressenti cette faiblesse, il n’avait jamais su ce qu’était l’amour; pour la première fois il était plein d’amour. Ainsi, il y avait une contradiction; la main tenait l’épée, prête à tuer et son cœur disait: « Remets l’épée au fourreau ».

Bouddha lui dit: « Je suis prêt, mais pourquoi ta main tremble t’elle ? Tu es un si grand guerrier, même les rois ont peur de toi et je ne suis qu’un pauvre mendiant. Mis à part le bol à mendier je ne possède rien. Tu peux me tuer et je me sentirais immensément satisfait qu’au moins ma mort ait satisfait le désir de quelqu’un; ma vie a été utile, ma mort l’est aussi. Mais avant que tu ne me coupes la tête j’ai un petit désir et je pense que tu m’accorderas ce petit désir avant de me tuer ».

Devant la mort, même l’ennemi le plus dur permet l’accomplissement de n’importe quel désir. Angulimal lui demanda: « Que veux-tu ? »

« Je veux simplement que tu coupes d’un arbre une branche d’arbre pleine de fleurs, je ne verrai plus jamais ces fleurs, je voudrais les voir de près, sentir leur parfum et voir leur beauté dans le soleil du matin, leur gloire ».

Angulimal coupa alors, avec son épée, une branche pleine de fleurs; avant qu’il ne puisse la donner à Bouddha, celui-ci dit: « C’était seulement la moitié du désir, l’autre moitié est: remet s’il te plaît la branche sur l’arbre ».

Angulimal lui dit: « Dès le début j’ai pensé que tu étais fou, mais ça ç’est le désir le plus fou. Comment puis-je remettre cette branche ? »

« Si tu ne peux pas créer » dit Bouddha « tu n’as aucun droit de détruire. Si tu ne veux pas donner la vie, tu n’as pas le droit de donner la mort à n’importe quel être vivant ».

Un moment de silence et de transformation… l’épée tomba de ses mains et Angulimal tomba aux pieds de Gautama le Bouddha: « Je ne sais pas qui tu es, mais qui que tu sois, emmènes moi dans le même espace que celui dans lequel tu es, initie-moi ».

Pendant ce temps les disciples de Bouddha s’étaient de plus en plus rapprochés et lorsqu’il tomba aux pieds de Bouddha, ils vinrent tout près. Quelqu’un souleva la question: « N’initie pas cet homme, c’est un assassin ».

« Si je ne l’initie pas, qui l’initiera ? Et j’aime l’homme, j’aime son courage et je peux voir en lui un énorme potentiel; un homme seul en lutte contre le monde entier. Je veux cette sorte de gens qui peuvent se dresser devant le monde entier. Jusqu’à aujourd’hui il se dressait contre le monde avec une épée, maintenant il le fera avec sa conscience qui est beaucoup plus aiguisée qu’une épée. Je vous ai dit qu’un meurtre allait avoir lieu mais l’on ne pouvait savoir qui allait être tué, moi ou Angulimal. Vous pouvez constater maintenant que c’est Angulimal et qui suis-je pour porter un jugement ? »

 

 

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